Mon premier article de blog

Le digital au service de l’alimentaire ?

« La destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent. »  

— Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826)

Nous arrivons dans une ère de consommation alimentaire à bout de souffle, basé sur les modèles de surconsommations et surproductions afin d’être capable de répondre largement à la demande. Le résultat aujourd’hui, un tiers des aliments produits sur la planète sont jetés ou perdus et les pertes en ressources naturelles, que ce soit renouvelables ou non sont de la même envergure, à titre d’exemple le secteur agricole est responsable de 70% des prélèvements mondiaux d’eau douce et de 90% des utilisations d’eau de consommation.

Il y a donc un point de rupture ou il est important de changer notre manière de consommer mais également de produire et de distribution. On observe qu’il y a une volonté d’aller dans cette direction avec des nouvelles pratiques qui gravitent autour du manger mieux, sain et local. 

La volonté ici n’est pas suffisante et il y a une nécessité d’encadrement et d’outils afin d’aller dans cette direction, des atouts qui manquent aujourd’hui. Le digital est aujourd’hui présent dans chaque maillons du système alimentaire mais à quoi va ressembler nos courses et notre consommation alimentaire de demain ? Un outil d’optimisation ou de révolution ? 

Alors nous allons rester positif dans un premier temps, il y a une bonne volonté de plusieurs acteurs qui mettent en place des outils digitaux et qui s’efforcent donc à donner un nouveau souffle à la distribution alimentaire. 

Une catégorie d’acteurs, celle qui va encourager les comportements. On peut citer deux applications similaires, Too good to go et Optimiam, leur mission est “Moins de gachis, plus d’économies » (Raodath Aminou cofondatrice de Optimiam), elles mettent en relation des magasins physiques et des consommateurs afin de vendre à moindre prix des invendus, ce qui est bénéfique pour les deux parties dans une démarche responsable. 

Une autre catégorie, celle qui veut contourner les grandes chaines de distribution et veut mettre en relation les producteurs directement avec les consommateurs comme la Ruche qui dit oui mais on peut également citer les AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) qui utilisent de plus en plus le canal numérique afin de connecter les producteurs et les consommateurs mais aussi pour créer une communauté avec des adhésions, des actualités ou encore des newsletters. 

Cependant, les géants de l’agroalimentaires utilisant le digital et notamment la data afin de surfer sur cette tendance économique et sociale représente pour moi une certaine forme d’hypocrisie afin de l’utiliser comme un outil de super-croissance et va donc à l’encontre des bienfaits possible du digital. C’est effrayant de voir un géant du numérique, un modèle de surconsommation comme Amazon investir l’alimentaire ou encore Monoprix qui a développé une application qui permet de scanner tous ses produits avec son téléphone et régler directement via son téléphone. 

L’alimentaire doit utiliser le digital comme une rampe de lancement mais le digital ne doit pas prendre le dessus, ce n’est pas des simples biens de consommations et il est important de garder une séparation. Il y a un risque de déshumanisation des relations, avec la destruction des interactions. Il ne faut pas oublier que dans la bonne conscience actuelle de bien consommer, localement et des produits sains, une conscience que l’on peut appeler une dimension « épistémique » le local ne s’arrête pas vraiment à la production des produits mais également dans le désir d’interaction avec le producteur local et la communauté qui l’entoure. Car n’est-il pas là le but du digital dans ce changement de système alimentaire, un outil pour l’humanisation et le bien de la société ?

Mathieu Guedon

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